30/10/2009 : Safari à la préfecture
J’ai décidé de prendre ce vendredi en RTT. Il faisait beau –et ça ne va pas durer- et je me suis dis que c’était le moment où jamais de faire un petit tour en moto. Dont acte. Il fallait aussi que je passe à la préfecture pour changer l’adresse de la carte grise de la voiture, ce que j’aurais dû faire depuis deux ans et demi mais bon, vous savez ce que c’est… On oublie vite ce genre de corvée. Sauf que j’ai reçu cette semaine un PV de 67 euros majoré à 180 car l’avis initial leur est revenu « n’habite pas à l’adresse indiquée ». Et pour cause. D’après la date, un petit dépassement de la vitesse autorisée lors de notre retour de vacances. Ca se passait à Balma (je ne sais même pas où c’est ) et la vitesse devait être limitée à 50 : je suis donc un grand criminel, un danger public… enfin, tout ce que vous voudrez car j’ai été flashé à 60. J’ai honte… Quoi qu’il en soit, le PV indique que si je change vite fait l’adresse de la carte grise, je n’aurai que l’amende initiale à régler. Cette bonne manière des pouvoirs publics explique grandement ma hâte à me rendre à la préfecture de Limoges, service des cartes grises.
Je suis donc arrivé vers 11H45 dans les locaux précités et j’ai pris un ticket qui portait le numéro 510. Il y avait pas mal de monde là dedans et j’aurais dû me méfier mais bon, il faisait si beau… J’ai trouvé une place pour m’asseoir et j’ai commencé à jeter un coup d’œil aux différents guichets surmontés d’un affichage numérique : le plus optimiste marquait 428. Mon moral d’acier a commencé à se fissurer aux entournures mais je me suis dit que ça allait aller vite, tout est automatisé de nos jours pour faciliter la vie de l’usager. Ce ne fût pas le cas. Je ne sais pas si ça vous fait ça aussi, mais lorsque je fais la queue pour quelque chose, j’ai l’impression que les cas les plus navrants de la société sont juste devant moi. Par exemple, au supermarché, je choisis la file la plus courte et ça ne rate pas : les deux ou trois personnes devant moi sont engluées devant la caisse, que ce soit parce qu’un article n’a pas de prix (c’est un grand classique), ou bien parce que le client connaît la caissière et s’informe de la santé du petit dernier, celui qui a une chiasse verte et … emmerde tout le monde. J’ai souvent affaire aussi au gars qui paye en liquide et qui ne trouve pas les pièces dans son porte monnaie (j’ai envie, dans ces cas là, de secouer ce putain de porte monnaie sur le tapis roulant, qu’on en finisse). Je n’oublie pas non plus le client qui paye avec un chèque et qui ne trouve pas sa carte d’identité, le changement de rouleau de la caisse enregistreuse ou, carrément, le changement de caissière juste avant que ce soit mon tour. Bref, la queue de trois kilomètre à la caisse d’à côté (et que j’ai soigneusement évitée) a eu le temps de se renouveler deux fois que je suis encore en train de poireauter derrière une mémère qui a entrepris des fouilles dans son cabas pour trouver la pièce de 1 centime qui lui manque.
Revenons donc à la préfecture de Limoges, service des cartes grises. Vous ai-je dis que seuls trois guichets sont actifs sur les cinq disponibles ? Non ? J’ai bien fait car en fait, il n’y en a plus eu que deux très rapidement. Pour passer le temps, j’ai examiné mon ticket qui précisait, tout en bas, qu’il y avait 67 personnes avant moi et que le temps d’attente estimé était de 160 minutes. J’ai hésité un moment pour chronométrer la durée de passage moyen des « clients » mais bon, celui que j’ai pris comme cible trainaillait pour expliquer un cas qui semblait être tout ce qu’on veut sauf simple. En fait, ils étaient deux, celui qui parlait avait l’air d’un réfugié Kosovar s’exprimant dans sa langue natale tandis que son compagnon avait carrément l’air d’un demeuré, je me suis demandé un moment si ce n’était pas Jean Pierre Treibert (le côté malicieux sis dans l’œil droit est aisément identifiable).
L’affaire se présentait donc mal et, après avoir poireauté 20 minutes, j’ai décidé d’aller faire un tour place de la République. Petit café et croissants en terrasse, cigarette, j’ai rêvassé un bon moment histoire de savourer cette journée de congé sous le soleil. Puis, j’ai été faire un tour dans une librairie, j’ai pris mon temps et j’ai fini par acheter le dernier Dan Simmons. Trois quart d’heures que j’étais parti, il était temps de retourner à la Préfecture avec, subitement, une petite pointe d’angoisse : vous ne voyez pas que les cinq guichets aient été activés simultanément et que mon tour soit définitivement passé ! J’en frémissais d’inquiétude et je me suis dépêché de regagner l’antre administratif. Au premier coup d’œil, j’ai été rassuré : toujours deux guichets d’actifs et le numéro affiché indiquait 478. Oufff.
Je me suis assis sur un banc en bois sans dossier (dur de se relaxer dans ces conditions) en me disant que cette galère allait quand même me permettre d’économiser plus de cent euros : on n’a rien sans rien en ce bas monde. Pour me remonter le moral, j’ai jeté un coup d’œil à mon voisin de galère et j’ai vu que son ticket portait le numéro 540. Hé hé, le gars n’était pas sorti de l’auberge. J’ai patienté encore un bon moment en regardant le bouquin que je venais d’acheter lorsque, sur fond de trompettes romaines de la victoire, le magnifique numéro 510 s’est enfin affiché sur un guichet. Alléluia ! Hosanna au plus haut des cieux ! Mon numéro venait enfin de sortir et la libération approchait. Je me suis approché du guichet nimbé par la lumière dorée des élus, je voyais tous les autres baver d’envie devant ma bonne fortune…
J’ai salué fort gentiment la guichetière (ce n’était pas le moment de la contrarier alors que je touchais au but) et je lui ai expliqué le plus civilement possible l’objet de ma visite en lui tendant les papiers nécessaires. Un sourire de vainqueur s’esquissait sur mes lèvres purpurines (qu’est-ce que je dis comme conneries quand je m’y mets) lorsque l’aimable dame me lança d’un œil torve :
- Il faut que votre femme soit là avec sa carte d’identité car la carte grise est aux deux noms.
- Heu, c’est-à-dire qu’elle est à l’hôpital, elle ne peut pas venir…
- Peut-être, mais elle doit être là pour signer les papiers.
- Et bien, on va mettre cette carte grise à mon seul nom, comme ça, plus de problème…
- C’est pas possible.
- Qu’est-ce que je fais, je me suicide tout de suite ou j’attends un peu ?
- Attendez un peu.
Bon, la messe était dite et je suis reparti dans une rage d’autant plus folle qu’elle était contenue, j’avais envie d’assassiner quelqu’un ou de foutre le feu au truc. Je crois franchement que si un type s’était mis à ricaner sur mon passage, je lui aurais collé une bouffe. Il était près de quatorze heures trente, il y avait toujours autant de monde dans cette putain de salle d’attente (qui mérite vraiment son nom) et j’ai pensé que ceux qui affirment qu’il faut moins de fonctionnaires seraient bien avisés de venir faire un tour à la préfecture de Limoges, service des cartes grises.
Du coup, j’ai été faire une virée en moto pour me calmer les nerfs et j’ai pu vérifier ce que le Virago à dans le ventre. Et il en a, pour une bécane qui n’est pas conçue pour la vitesse. Je me suis senti mieux après.
Mais bon, ma sérénité retrouvée est légèrement atténuée par le fait qu’il va falloir y retourner, à la préfecture de Limoges, service des cartes grises.
C’est bien simple, j’en suis malade !
Salut Bernie
Que veux tu les caisses de l’état étant vides, il faut bien trouver divers moyens de les remplir, mais bientôt on pourra faire pas mal de manip papier via le net, remplaçant ainsi les fonctionnaires ce qui remplira aussi les caisses de l’état…
Meilleur santé a Madame…
Hugh Bernie,
Descend à la sous prefecture de Rochechouart, tu auras moins d’attente… Et ca te fera faire une virée
Bon week end
Sylvain
“et j’ai pensé que ceux qui affirment qu’il faut moins de fonctionnaires seraient bien avisés de venir faire un tour à la préfecture de Limoges, service des cartes grises.”
Ce n’est plus une obligation de passer à la préfecture. Tu peux passer dans certains garages aoto/moto pour faire le changement…
Salut a tous
Un problème d’organisation plutôt qu’un problème de nombre,
A Nevers, tu arrive avec tes papiers tu les déposes a un(e) fonctionnaire qui vérifie si complet, tu attends que l’on t’appelle, ton dossier ayant rejoint la corbeille dûment rangé par ordre d’arrivée et donc pas de surprise…
Pas d’attente si le dossier est mal rempli ou incomplet…
Ici une carte grise et 2 permis de conduire remplacés en 30 minutes.
A plus
Les nerfs… Je compatis.